Bras dessus, bras dessous, Julia et moi nous trouvions devant l'hôtel qui allait être notre chez nous durant quelques jours. Il n'avait certes rien à avoir avec les hôtels plus luxueux les uns que les autres auxquels j'étais habituée, mais vu de l'extérieur, il semblait tout de même avoir un certain charme. Prenant ma soeur par les épaules, je la forçai à me regarder.
Moi : Tu es sûre que tu te sens capable de pouvoir mentir à tout le monde durant un an ? De pouvoir jouer le rôle de Julia Pesters, soeur d'Aurélia Pesters.
Julia : Calme toi, tout va bien se passer, j'en suis certaine. Je mentirai si je disais que ça ne me fait pas bizarre de me retrouver dans une situation comme celle-ci, mais j'y arriverai.
Moi : Bien ... Dans ce cas, je crois que la seule chose qu'il nous reste à faire est de nous jeter dans la fosse aux lions et de croiser les doigts pour que personne ne me démasque.
Julia : Les changements effectués sur toi te rendant méconnaissable, je suis certaine qu'ils vont tous s'y laisser prendre.
Par mesure de sécurité pour me garantir que personne ne découvrirait que je suis en réalité la princesse Isabelle Strauss, toutes les personnes qui ne juraient que par moi au château avait fait un travail remarcable sur ma personne. J'étais passée à la casserole, c'était le cas de le dire, nouvelle couleur de cheveux, nouvelle coupe, même mes yeux y étaient passés. Je n'arrivai toujours pas à croire que le visage qui se reflétait dans le miroir était bel et bien le mien.
Moi : Je l'espère, le but n'est pas de me rendre plus célèbre que je ne le suis chez nous.
Julia : Allez viens. Tout va bien se passer, tu vas voir.
Julia me tira par le bras, m'entraînant à l'intérieur de l'hôtel. Bien que ce ne fut qu'un deux étoiles, je fus tout de suite sous le charme. Contrairement aux hôtels dont j'étais habituée, l'air ne sentait pas le fric, mais avait un air de famille, le genre d'endroits où on se sentait tout de suite à son aise, chez soi. Avec pour seuls bagages des sacs à main contenant nos effets personnels, nous nous dirigeâmes vers la réception, où nous fûmes accueillies chaleureusement.
Réceptionniste : Bonjour Mesdemoiselles et bienvenue dans notre hôtel. Puis-je quelque chose pour vous ?
Moi : Je l'espère. Nous avons réservé trois chambres au nom de Pesters.
Réceptionniste : Une seconde, je vérifie tout de suite.
Tandis que le réceptionniste vérifiait les réservations sur son ordinateur, Julia me regardait, une lueur inquiète dans le regard. Une minute plus tard, il leva les yeux vers nous, un sourire éclatant aux lèvres.
Réceptionniste : Je vois trois réservations, or vous n'êtes que deux ...
Julia : Nous venons d'arriver, nous avons préféré venir nous reposer et laisser notre père se débattre avec les contrôleurs et les valises. Il ne devrait pas tarder.
Réceptionniste : Très bien. Voici vos clés, chambre 201 et 202, deuxième étage. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis à votre disposition.
Moi : Et c'est avec grand plaisir que nous vous ferons savoir si nous avons besoin de quelque chose.
Après avoir adressé un clin d'oeil au jeune homme, j'entraînai Julia à ma suite. Nous entrâmes dans ma chambre, où je me laissai tomber sur le très confortable lit deux places. Je fis signe à Julia d'en faire autant, mais elle était encore réservée en ma présence, ce qui me gênait, mais ceci était tout à fait normal. J'imagine que ma réaction aurait été la même si j'avais été à sa place.
Moi : Je n'arrive pas à croire que tout cela soit bien réel. Chicago Julia, tu te rends compte ? Je sens que l'année à venir promet d'être extraordinaire.
Julia : Penses-tu pouvoir réaliser ta part du marché ?
Moi : Ma part du marché ? Quel romantisme dis moi ! Je te rappelle quand même que c'est d'amour dont nous sommes en train de parler, et non d'une chose sans la moindre importance.
Julia : C'est vrai, mais un an pour te faire demander un mariage, tu ne trouves pas ce délais un peu court ?
Moi : Tu crois que personne ne me demandera en mariage ? Personnellement si le réceptionniste me faisait une demande j'irai tout de suite à Las Vegas.
Julia : Aurélia !
Moi : Quoi ? Il n'est pas mal du tout.
Julia : Et l'amour dans tout ça ? Tu ne vas pas me faire croire que tu es tombée amoureuse de quelqu'un avec qui tu as échangé deux mots ?
Moi : Bien sûr que non, ne sois pas ridicule.
Julia : De toute manière, même si tu avais eu des sentiments pour lui, une liaison et encore moins un mariage ne serait à envisager.
Moi : Et pourquoi donc ?
Julia : Ton statut social Aurélia, ton père s'y opposerait formellement.
Moi : Mon père n'a pas son mot à dire, les seules conditions qu'il ait exigé sont que je me marie avant l'année prochaine, pas que mon futur époux soit médecin ou professeur. Et puis c'est l'homme que je compte épouser, pas son statut social. Je ne veux pas être l'une de ses petites filles riches qui ne pensent qu'au montant de leur compte en banque.
Julia : Etre une fille normale pour qui l'argent n'aurait pas la moindre importance ?
Moi : Oui, je ne vois d'ailleurs pas pourquoi mon père me croit folle de souhaiter cela. Etre qui je suis n'a pourtant rien de très extraordinaire. Ne pas être libre de fréquenter les personnes que je souhaite n'a rien de formidable, loin de là. Tu as vu le garçon de l'avion avec qui je faisais ... plus ample connaissance, disons ?
Julia : J'ai remarqué que tu avais l'air de l'apprécier.
Moi : Tout de suite les grands mots. Je dirais plutôt qu'il me semble fort sympathique, rien de plus. Mais toi, qu'est-ce que en penses ?
Julia : Je ne l'ai apperçu que de loin, je ne peux pas me prononcer.
Moi : Une chose à laquelle je pense que nous n'allons pas tarder à remédier.
Julia : Je ne suis pas sûre de saisir ce à quoi tu fais allusion.
Moi : Il m'a proposé de me faire découvrir tous les endroits sympa de Chicago. Cela te plairait-il de jouer les touristes ?
Julia : Cela ressemble en tous points à un arrangement.
Moi : Pas un arrangement, disons plutôt que je force un peu la main du destion à faire en sorte que deux personnes qui pourraient former un très joli couple se rencontrent.
Julia : Tu ne changeras jamais.
Moi : Je suis incorrigible, je sais.
Alors que Julia semblait sur le point de répondre quelque chose, le téléphone se mit à sonner. Sautant sur mes pieds, j'allai répondre.
Moi : Oui ?
... : Isabella ! Penses-tu que ce soient des manières de répondre au téléphone alors que tu n'as pas la moindre idée de l'identité de la personne qui appelle ? Tu prends déjà les marques de cette ville de fous à ce que je vois.
Moi : Père ... J'imagine que votre appel n'est pas dans le but de me venter les mérites de Chicago ?
Père : Marco vient d'appeler pour me dire que vous êtiez arrivées, je voulais avoir de tes nouvelles.
Moi : Je suis toujours vivante, merci de vous en assurer.
Père : Je compte bien sûr sur toi pour ne pas faire honte à l'honneur de la famille.
Moi : Je sais me tenir sans prendre l'air d'être une petite sauvage, soyez tranquil. Je vais devoir vous laisser avant d'être démasquée.
Je coupai court à la conversation téléphonique exaspérée comme je l'étais souvent après chaque fois que je parlai avec mon père. Je savais dans quoi je venais de m'embarquer contrairement à ce que voulait dire le manque de confiance que m'accordait mon très cher père et je comptais bien le lui prouver.
Que pensez-vous de l'arrivée des filles à l'hôtel ?
De la conversation Aurélia - Julia ?
De l'appel du père de la jeune princesse ?
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